Se digitaliser pour sortir de la crise

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Ceux qui se digitaliseront s’en sortiront ! Pendant cet arrêt extrêmement brutal de l’économie, le digital a montré son efficacité pour limiter la casse (télétravail, services en ligne, e-commerce). Après cette crise, comment reprendre son activité dans les meilleures conditions? En optimisant l’utilisation de sa présence digitale.

 

Piloter son entreprise dans le monde d’après

Nous faisons face, après une pandémie inconnue depuis plus d’un siècle, à la plus grosse crise économique de ces dernières décennies. L’économie a subi un arrêt brutal partout, avec plus de moitié de la population mondiale confiné. Les dégâts sont énormes et encore très mal évalués. En tant que dirigeant de PME, comment réagir après cette période où tout le monde était assommé, paralysé par les annonces quotidiennes des dégâts occasionnés par la pandémie. Le déconfinement c’est un peu comme si on sortait à nouveau dans une lumière éclatante après des semaines dans l’obscurité : on est complètement ébloui, comme si c’était un peu irréel. Mais la réalité va nous rattraper très vite : cela fait bientôt deux mois que vous n’avez pas mis à jour vos KPIs, les indicateurs clés de l’entreprise et vous le faites avec un peu d’angoisse… Mais vous n’imaginiez même pas que cela puisse être aussi catastrophique. Une chute pareille, c’est du jamais vu ! Comment sortir de cela (je ne dirai pas indemne, ce ne sera pas le cas), mais au mieux ?

 

Quelles leçons tirer de la crise ?

C’est vrai qu’il va falloir phosphorer et trouver des solutions. D’abord en regardant ce que cette période a pu nous apprendre et comment elle va changer notre façon de voir durablement.

Le télétravail a montré son efficacité

La pandémie nous a appris que le présenciel n’était pas toujours nécessaire. Combien d’entre nous n’ont pas déjà eu le sentiment d’aller au bureau (avec la joie de une à deux heures de transport si agréables), pour s’installer devant leur ordinateur et passer le plus clair de leur journée avec juste quelques interruptions de leurs collègues qui ont besoin d’une information urgente, là tout de suite, et de reprendre le soir leur métro sans trop vouloir faire le point d’une journée tellement frustrante. Le bruit de l’entreprise, c’est-à-dire toutes ces petites choses indispensables sur le moment pour faire tourner la boîte, mais tellement futiles que quand on fait le bilan, hé bien elle est bien vide, cette journée. Vous aviez projeté que raisonnablement vous pouviez faire 10 points de votre Todo list, et au bout du compte si 20% sont faits, on peut considérer que c’est une bonne journée.

Depuis longtemps, on parle de télétravail, avec des initiatives timides de grands groupes allant jusqu’à 5 % de leur personnel travaillant à distance, ce qui était une avancée sociale conséquente et on ne voyait pas trop comment faire mieux.

Sans transition …

Brutalement les sociétés se sont retrouvées avec 80 voire 100 % de leur personnel en télé-travail. Inimaginable il y a encore deux mois et pourtant ça a marché : cela a permis d’éviter le blocage complet et d’adopter une forme soft de fonctionnement grâce au digital :

  • L’autonomie en travaillant à la maison, avec les moyens du bord mais aussi parce que les entreprises se sont beaucoup digitalisées ces dernières années, merci le Cloud ! Mais attention à la sécurité. Cet article fait le point à ce sujet.
  • Les communications, grâce notamment aux systèmes de visioconférence tels que Zoom, Skype, Hangout, Whatsapp, Facetime, … qui ont littéralement explosé. Zoom est passé de 10 millions à 200 millions d’utilisateurs quotidiens entre janvier et mars …

Cela représente pour moi un changement de paradigme majeur : quelque chose qui était jugé impossible il y a encore trois mois, s’est réalisée. Les gens ont pu rester en télétravail, à distance pendant des semaines. Même l’Éducation Nationale s’y est mise, c’est dire !…

Une avancée due à la digitalisation de ces dernières années

Ce changement est digital à la base et découle de cette révolution qui impacte tous les domaines depuis maintenant quelques années. Le digital a contribué à la résilience collective face à cette crise. Et ce n’est pas fini. J’espère que le travail à distance va perdurer et que les jeunes générations en quête de sens et de responsabilité environnementale auront le choix de la réponse en se posant cette question : demain je n’ai pas de raison majeure de me déplacer au bureau, est-ce que j’évite de perdre trois heures dans les transports en télétravaillant ? Ok, je préviens mon chef.

On va m’opposer que rien ne remplace les petites conversations autour de la machine à café, que l’on apprend toujours un petit quelque chose d’intéressant au bout de deux heures de réunion, … soit ! Mais pas tous les jours, et à quel prix ? Trois heures de transport pour 10 minutes de convivialité, n’est-ce pas un peu cher payé ? La révolution digitale a tellement facilité et mis à portée de chacun un tel flux d’information que beaucoup de déplacements ne servent plus à rien. J’entends d’ici les hauts cris de certains nostalgiques qui diront que rien ne remplace le contact, la chaleur d’une bise, une tape sur l’épaule, un coup d’œil entendu. Certes,  mais dans une journée de travail ordinaire, combien de minutes sont de vrais échanges entre humains, les yeux dans les yeux, et ne sont pas remplaçables par une télécommunication ? Qui n’a jamais envoyé un mail à son voisin de bureau, plutôt que ce que de se lever et d’aller lui poser la question en direct?

Un changement profond de la vision du travail

Oui, mais en télétravaillant de chez soi, c’est difficile de ne pas être distrait, voire de ne pas être tenté de faire tout autre chose et là les vieux démons ressortent. Comment vérifier que mon collaborateur fait bien son boulot et qu’il n’est pas en train de repeindre son appartement ? Jusqu’à, comble de l’horreur, des logiciels de flicage qui permettent de savoir si vous êtes derrière votre écran ou pas, et si vous vous activez à votre clavier !

Si votre collaborateur est intéressé à son travail, en connaît les enjeux, continue à télécommuniquer régulièrement, s’est engagé sur des objectifs SMART (c’est-à-dire Spécifiques, Mesurables, Achevables, Réalistes et Temporellement définis), vous est reconnaissant des heures de transport gagnées et de pouvoir aller chercher son fils à l’école, pensez-vous qu’il va tirer au flanc et avez-vous besoin de l’espionner ? Ce sont d’autres relations de travail qui se mettent en place.

Dans le monde d’avant, comment mesurait-on le fait que le travail parmi les collègues, sous l’oeil aiguisé de son chef, comportait une part de représentation, de théatre. Qui n’a pas vu quelqu’un parcourir (ou parcouru lui-même…) les allées de l’open-space de son entreprise, des dossiers sous le bras, trop pressé pour répondre à un collègue, et regagner son bureau sans savoir trop quoi entamer maintenant ?

Se trouver des occupations à la fois impérieuses et inutiles était la spécialité de certains collaborateurs rodés à ce système. Le télétravail remet à sa vraie place le livrable, le travail effectué, le résultat concret et non pas la gesticulation. Les jeunes générations y sont prêtes, comme tous ceux qui ont tâté de près ou de loin à l’entrepreneuriat. Ils savent que le travail ne se résume pas à un temps de présence, mais à la valeur ajoutée qu’il produit.

En faire un atout pour mieux performer

Je rends hommage à tous ceux qui ont un vrai métier physique (personnels soignants, producteurs, agriculteurs, transporteurs, métiers de l’alimentation et de la distribution, etc…). Grâce à leur travail et à leur courage, nous n’avons pas manqué de l’essentiel : se nourrir, se soigner, survivre. Mais tous les autres métiers touchant au tertiaire ont pu bénéficier de près ou de loin de la révolution digitale. Tous ont pu se débrouiller, qui avec son ordinateur personnel, qui avec sa tablette, qui avec son smartphone et tout cela à l’aide de télécommunications quasi gratuites, presque toujours disponibles, presque toujours instantanées.

La qualité des moyens de télécommunications est telle maintenant que l’on peut faire jouer un orchestre virtuellement, avec des résultats bluffants. Se déplacer est aujourd’hui très bon marché, grâce au prix du pétrole anormalement bas, mais il ne sera pas toujours si peu cher. Sans compter que de plus en plus de personnes commencent à se soucier de notre facture carbone. Si on compare l’empreinte carbone de 5 personnes faisant chacun 20km pour assister à une réunion à une visioconférence, on compare environ 25 kg de CO2 à 0,1 kg. On ne joue pas dans la même cour, n’en déplaisent à ceux qui nous parlent de la facture énergétique faramineuse du numérique …

Ceux qui se sont pour l’instant le mieux sorti de cette crise, sont les plus digitalisés. Les communications digitales ne craignent pas le virus, du moins pas celui-là. Alors que prendre le métro restera un sujet de préoccupation pour quelques temps encore. Se digitaliser permet aussi de mieux s’habituer à vivre dans un univers VICA (Vuca en anglais : Volatil, Incertain, Complexe, Ambigu), notions issues de concepts militaires, mais tellement d’actualité. Cette agilité nous rappelle que ce qui a toujours sauvé l’espèce humaine, c’est sa faculté d’adaptation.

 

Comment se digitaliser en pratique ?

Beaucoup de baratin… mais concrètement que peut-on faire pour tirer son épingle du jeu quand on est dirigeant de PME et que les fins de mois arrivent si vite ?

  • Criez haut et fort que vous êtes toujours vivant !

Vos clients ne vous ont pas beaucoup entendu ces derniers mois et peut-être ont-ils été attirés par des sirènes plus numérisées que vous. Rappelez-leur que vous êtes là et que vous n’attendez qu’eux. Une bonne campagne d’e-mailing vous rappellera à leur bon souvenir.

  • Montrez que vous avez profité de cette période pour progresser.

    Nouveaux produits, nouvelles propositions (en lien avec les masques chirurgicaux ou pas…), plus généralement, que vous avez mis à profit ce moment pour vous renforcer et prévoir le futur. Parlez-leur de vos projets.

  • Utilisez les solutions digitales dernier cri.

Proposer une réunion sur Zoom ou Teams. Utilisez tous les moyens de télétransmission à votre portée pour montrer que vous maîtrisez les techniques modernes.

  • Digitalisez votre entreprise

Usez et abusez du Cloud, organisez le télétravail non pas comme exception mais comme règle. Faites sauter les silos inter-services, automatisez les tâches administratives répétitives, introduisez de l’agilité dans vos projets. Digitalisez-vous ! (cet article peut vous y aider)

  • Soyez partout !

Vos clients utilisent tous les médias (ordinateur, téléphone, Google, Facebook, …), soyez comme eux, multicanal. Votre présence sur tous les médias adéquats est indispensable pour qu’ils ne vous quittent pas des yeux. Vous publiez un article sur Facebook ? Complétez-le et faites-en un article de blog pour votre site. (Notre article sur les points importants pour la rédaction d’un article de blog peut vous aider). Résumez-le pour Twitter, adaptez-le à LinkedIn …

Ceux qui se digitaliseront s’en sortiront !